l ancien régime et la révolution tocqueville fiche de lecture

Louvrage étudié est L’ancien régime et la Révolution écrit par Alexis Tocqueville en 1856. Les passages étudiés sont le chapitre V, le chapitre VIII et le chapitre IX. L’ouvrage est édité par les Éditions Gallimard en 1952 dans la collection Idées NRF. Tocqueville est un homme politique, philosophe, historien et sociologue français. LAncien Régime et la Révolution est donc l’œuvre d’un auteur arrivé à maturité et qui a été en contact avec les réalités du pouvoirConsidéré comme l'un des défenseurs historiques de la liberté et de la démocratie, anti-collectiviste refusant toute interprétations socialisantes, il est l'une des plus grandes références des libéraux et en relation Auxyeux de Tocqueville, la démocratie américaine est une démocratie modérée et libre, c’est-à-dire une pure démocratie. Tandis que la démocratisation française, issue de l’ancien régime obéit à des principes autres que le principe démocratique. La monarchie fut un instrument de la démocratisation, mais un instrument pervers - Lisez « L'Ancien Régime et la Révolution » de Alexis De Tocqueville disponible chez Rakuten Kobo. Dans son ouvrage *L'*Ancien Régime et la Révolution, Tocqueville montre que la Révolution de 1789 ne constitue nullement audiobook / livre sonore : Tocqueville "L'Ancien régime et la révolution" 1 nonton jan dara 2 the beginning imdb. Il y eut au XVIIIe siècle bien des révolutions libérales. Notamment l’américaine, dont Tocqueville 1805 – 1859 étudia d’une certaine manière les effets dans le désormais classique De la démocratie en Amérique qui est, plus largement, une lecture de la civilisation américaine. L’Ancien Régime et la Révolution, texte plus tardif du même Tocqueville, tente quant à lui de cerner les causes qui enfantèrent une autre révolution la française de 1789. La thèse que présente Tocqueville est que la Révolution française ne constitue pas une rupture dans l’histoire de France. Il y a pour lui une continuité entre l’avant et l’après. La Révolution n’est pas sortie de rien. L’Ancien Régime était fondé sur un terreau de liberté qui contenait ainsi les premiers germes de son effondrement. Pour Tocqueville, la Révolution ne fit qu’abolir les derniers privilèges féodaux pour compléter les libertés déjà acquises progressivement jusqu’au XVIIIe siècle. L’extrait présenté ci-dessous est tiré d’un des derniers chapitres du livre. Dans les pages précédentes, Tocqueville montra en quoi maintes libertés que l’on croit faussement être les fruits de la Révolution existaient déjà durant l’Ancien Régime. Après avoir minutieusement reconstitué ce paysage pré-révolutionnaire, il montre comment la Révolution en est sortie presque nécessairement. Le texte étudié ici compare deux notions dont on peut dire encore aujourd’hui qu’elles structurent grossièrement les camps du libéralisme et du socialisme, et qu’on assimile grossièrement également à la droite et à la gauche, au prix de quelques contre-sens. Ces notions, ce sont la liberté et l’égalité. Quelles sont leurs natures ? Sont-elles antinomiques ? Doit-on en privilégier une plutôt que l’autre ? Ces questions structurent encore le débat politique contemporain. C’est la dialectique entre ces deux passions » qui furent principalement le moteur de la Révolution. Pour Tocqueville, le crime fut de délaisser la liberté, ce que l’on fit après, et même pendant la Révolution. Cela n’eut pour résultat que d’ouvrir grand la voie à la tyrannie napoléonnienne. Si l’on suit l’auteur, il eut été possible d’éviter tant de sang, d’éviter la Révolution même pour peu que l’on ait gardé un bon équilibre entre la liberté et l’égalité. Tocqueville, L’Ancien Régime et la Révolution, Livre III, Chapitre VIII Comment la Révolution est sortie d’elle-même de ce qui précède », 1856 Ceux qui ont étudié attentivement, en lisant ce livre, la France au XVIIIe siècle, ont pu voir naître et se développer dans son sein deux passions principales, qui n’ont point été contemporaines et n’ont pas toujours tendu au même but. L’une, plus profonde et venant de plus loin, est la haine violente et inextinguible de l’inégalité. Celle-ci était née et s’était nourrie de la vue de cette inégalité même, et elle poussait depuis longtemps les Français, avec une force continue et irrésistible, à vouloir détruire jusque dans leurs fondements tout ce qui restait des institutions du moyen âge, et, le terrain vidé, à y bâtir une société où les hommes fussent aussi semblables et les conditions aussi égales que l’humanité le comporte. L’autre, plus récente et moins enracinée, les portait à vouloir vivre non seulement égaux, mais libres. Vers la fin de l’ancien régime ces deux passions sont aussi sincères et paraissent aussi vives l’une que l’autre. A l’entrée de la Révolution, elles se rencontrent ; elles se mêlent alors et se confondent un moment, s’échauffent l’une l’autre dans le contact, et enflamment enfin à la fois tout le coeur de la France. C’est 89, temps d’inexpérience sans doute, mais de générosité, d’enthousiasme, de virilité et de grandeur, temps d’immortelle mémoire, vers lequel se tourneront avec admiration et avec respect les regards des hommes, quand ceux qui l’ont vu et nous-mêmes auront disparu depuis longtemps. Alors les Français furent assez fiers de leur cause et d’eux-mêmes pour croire qu’ils pouvaient être égaux dans la liberté. Au milieu des institutions démocratiques ils placèrent donc partout des institutions libres. Non seulement ils réduisirent en poussière cette législation surannée qui divisait les hommes en castes, en corporations, en classes, et rendaient leurs droits plus inégaux encore que leurs conditions, mais ils brisèrent d’un seul coup ces autres lois, oeuvres plus récentes du pouvoir royal, qui avaient ôté à la nation la libre jouissance d’elle-même, et avaient placé à côté de chaque Français le gouvernement, pour être son précepteur, son tuteur, et, au besoin, son oppresseur. Avec le gouvernement absolu la centralisation tomba. Mais quand cette génération vigoureuse, qui avait commencé la Révolution, eut été détruite ou énervée, ainsi que cela arrive d’ordinaire à toute génération qui entame de telles entreprises ; lorsque, suivant le cours naturel des événements de cette espèce, l’amour de la liberté se fut découragé et alangui au milieu de l’anarchie et de la dictature populaire, et que la nation éperdue commença à chercher comme à tâtons son maître, le gouvernement absolu trouva pour renaître et se fonder des facilités prodigieuses, que découvrit sans peine le génie de celui qui allait être tout à la fois la continuateur de la Révolution et son destructeur. L’ancien régime avait contenu, en effet, tout un ensemble d’institutions de date moderne, qui, n’étant point hostiles à l’égalité, pouvaient facilement prendre place dans la société nouvelle, et qui pourtant offraient au despotisme des facilités singulières. On les rechercha au milieu des débris de toutes les autres et on les retrouva. Ces institutions avaient fait naître jadis des habitudes, des passions, des idées qui tendaient à tenir les hommes divisés et obéissants ; on raviva celle-ci et on s’en aida. On ressaisit la centralisation dans ses ruines et on la restaura ; et comme, en même temps qu’elle se relevait, tout ce qui avait pu autrefois la limiter restait détruit, des entrailles même d’une nation qui venait de renverser la royauté on vit sortir tout à coup un pouvoir plus étendu, plus détaillé, plus absolu que celui qui avait été exercé par aucun de nos rois. L’entreprise parut d’une témérité extraordinaire et son succès inouï, parce qu’on ne pensait qu’à ce qu’on voyait et qu’on oubliait ce qu’on avait vu. Le dominateur tomba, mais ce qu’il y avait de plus substantiel dans son oeuvre resta debout ; son gouvernement mort, son administration continua de vivre, et, toutes les fois qu’on a voulu depuis abattre le pouvoir absolu, on s’est borné à placer la tête de la Liberté sur un corps servile. À plusieurs reprises, depuis que la Révolution a commencé jusqu’à nos jours, on voit la passion de la liberté s’éteindre, puis renaître, puis s’éteindre encore, et puis encore renaître ; ainsi fera-t-elle longtemps, toujours inexpérimentée et mal réglée, facile à décourager, à effrayer et à vaincre, superficielle et passagère. Pendant ce même temps la passion pour l’égalité occupe toujours le fond des coeurs dont elle s’est emparée la première ; elle s’y retient aux sentiments qui nous sont les plus chers ; tandis que l’une change sans cesse d’aspect, diminue, grandit, se fortifie, se débilite suivant les événements, l’autre est toujours la même, toujours attachée au même but avec la même ardeur obstinée et souvent aveugle, prête à tout sacrifier à ceux qui lui permettent de se satisfaire, et à fournir au gouvernement qui veut la favoriser et la flatter les habitudes, les idées, les lois dont le despotisme a besoin pour régner. La révolution française ne sera que ténèbres pour ceux qui ne voudront regarder qu’elle ; c’est dans les temps qui la précèdent qu’il faut chercher la seule lumière qui puisse l’éclairer. Sans une vue nette de l’ancienne société, de ses lois, de ses vices, de ses préjugés, de ses misères, de sa grandeur, on ne comprendra jamais ce qu’ont fait les Français pendant le cours des soixante années qui ont suivi sa chute ; mais cette vue ne suffirait pas encore si l’on pénétrait jusqu’au naturel même de notre nation. Pour approfondir, ce produit disponible chez un libraire de proximité, éthique, responsable, durable et équitable Vérification des exemplaires disponibles ... Se procurer le document Vérification des exemplaires disponibles ... Autre format Suggestions Du même auteur Sur le paupérisme / Alexis de Tocqueville Livre Tocqueville, Alexis de 1805-1859. 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Comment analyser cet événement qui semble défier toutes les grilles de lecture ?Telle est l'entreprise audacieuse à laquelle se livre Alexis de Tocqueville dans cet ouvrage, un grand classique de la philosophie 6 sur 6 Comment la Révolution est sortie d’elle-même de ce qui précède Livre II – Chapitre 20 Tocqueville résume dans ce dernier chapitre comment la Révolution a pu surgir de l’Ancien Régime. C’est en France que le système féodal a le plus perdu ce qui pouvait protéger et servir la population, sans se départir du système des privilèges. La noblesse n’administre plus rien mais ses privilèges sont renforcés ce qui enflamme la passion démocratique du peuple. Le gouvernement du roi a aspiré la totalité du pouvoir et Paris conduit le pays tout entier, rendant le pays à la merci de la moindre émeute puisque plus rien ne peut s’opposer à celui qui s’empare de l’administration centrale. L’inexpérience de la vie politique est telle que personne ne perçoit les dangers du mouvement révolutionnaire et l’on embrasse la vision des philosophes qui ne cherchent pas à trier entre les bonnes et les mauvaises lois mais souhaitent installer un tout nouveau système de gouvernement, débarrassé des anciennes traditions et notamment de l’Eglise. La haine de l’inégalité l’emporta rapidement sur l’amour de la liberté et un gouvernement encore plus absolu que celui des Rois ressuscita du cadavre de l’Ancien Régime. Conclusion L’Ancien Régime et la Révolution est le premier livre d’une plus grande œuvre que Tocqueville n’a pu achever avant son décès. Ce qui explique pourquoi il est essentiellement centré sur la description d’un Ancien Régime et que l’évènement révolutionnaire n’y est qu’effleuré. L’intérêt de l’ouvrage est qu’il va à contre-courant de nombre d’idées reçues sur l’Ancien Régime diffusées par le catéchisme révolutionnaire ». S’il ne nie pas les multiples injustices dont étaient victimes les paysans, il souligne également que la France prérévolutionnaire est un des pays les plus prospères et les moins répressifs d’Europe. Paradoxalement, c’est cette relative prospérité et les bons sentiments de la classe dirigeante qui encourageront la naissance d’une Révolution. Tocqueville a une prétention d’objectivité qui s’illustre dans sa méthode d’études d’archives et il parvient à faire preuve de distanciation dans sa description des vices et des vertus des différentes classes composant l’Ancien Régime. Il n’est néanmoins pas difficile de ressentir la nostalgie qu’il éprouve pour la position occupée la classe aristocratique dans l’Ancien Régime et une liberté politique malmenée par l’absolutisme monarchique et démocratique. L’ouvrage brille dans sa description de nombreux éléments qui caractérisent encore aujourd’hui le modèle français » l’hyper-centralisation administrative et la faiblesse des corps intermédiaires, l’inflation fiscale, la préférence pour l’égalité, la montée de l’individualisme et l’archipelisation de la France en de multiples groupes, le goût pour les systèmes politiques abstraits, la propension à blâmer le gouvernement de tous les maux tout en sollicitant continuellement son secours… Les explications des origines fiscales de l’absolutisme monarchique et de la haine de l’inégalité, toujours vivace en France, sont particulièrement éclairantes. Quelques réformes menées durant les dernières décennies précédant 1789 ont certes accéléré le processus, mais le livre insiste sur les origines historiques très lointaines qui aboutissent, bien involontairement, à la bascule révolutionnaire. Selon Tocqueville, la continuité, bien plus que la rupture, prévaut entre l’Ancien Régime et la Révolution qui ne fait que reconduire, sous d’autres formes, la domination de l’Etat central sur la société civile et l’individu. Cette thèse sera bien entendu reprise par François Furet dans son étude de la Révolution. Il est enfin important de noter que, sur la forme, l’ouvrage impressionne par la fluidité du style, le sens des formules et l’humour dont fait preuve Tocqueville. Auteur de l'article Jérôme Dugué, banquier, diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Rennes. de Alexis de Tocqueville - Etat social et politique de la France avant et depuis 1789 1836 - L'Ancien Régime et la Révolution 1856 - Esquisses de l'Ancien Régime et la Révolution 1853-1856 - Considérations sur la Révolution 1850-1858 - Souvenirs 1850-1851 chez Gallimard Serie Oeuvres. Vol 3 Collections Bibliothèque de la Pléiade Paru le 12/02/2004 Relié LXXVII-1294 pages Public motivé € Disponible - Expédié sous 7 jours ouvrés Quatrième de couvertureA. de Tocqueville 1805-1859, magistrat sous la Restauration, renonça à la vie politique après le 2 décembre 1851 pour se consacrer à son travail d'historien. Il avait pour ambition d'écrire un texte pour comprendre la Révolution. A partir de plans, de notes de lecture, d'ébauches, ce projet interrompu a été reconstitué ici. Considérations sur la Révolution en présente les textes. Devenez incollable sur Tocqueville et sa pensée avec !Cette fiche propose une analyse approfondie de la philosophie d'Alexis de Tocqueville, avec sa biographie, le contexte philosophique dans lequel il s'inscrit, l'analyse détaillée de sa pensée et une synthèse de ce qu'il faut en retenir. La fiche est complétée par une liste de citations clés du philosophe.• Après la biographie, la mise en contexte aborde les évènements historiques qui ont lieu à l’époque de Tocqueville et les influences philosophiques qui ont marqué celui-ci. • Ensuite, l'analyse se penche sur les points principaux de la philosophie de Tocqueville qui consiste essentiellement en une réflexion sur la démocratie le rôle de la Révolution française, le système démocratique américain ou le modèle idéal, la définition, les caractéristiques et les dangers de la démocratie. • Enfin, après un bref résumé de l'analyse dans lequel on se focalise sur l'essentiel, on trouve des citations assorties d' propos de la collection Destinée avant tout à un public de néophytes et aux lycéens qui préparent le bac de philo, propose des analyses d'œuvres philosophiques classiques et contemporaines. 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