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Audébut de “juste la fin du monde”, on perçoit l’énervement d’Antoine qui va évoluer graduellement.Lorsque les mots ne peuvent être dits, la violence finit par surgir comme dans la scène 2 de la 2e partie avec la libération de la parole d’Antoine. repère : JL Lagarce: analyse Dans l’article précédent, nous nous sommes intéressés à la crise du langage tout en rappelant
Justela fin du monde, première partie scène 1 . Lycée Première. Juste la fin du monde, première partie scène 1. Analyse linguistique de textes . Intro: Jean-Luc Lagarce, dramaturge et metteur en scène de théâtre contemporain, publie la pièce Juste la fin du monde en 1990. Dans cette tragédie intime, le personnage de Louis décide de retourner chez lui, après des années
1805/22 Français Juste fin monde JEAN-LUC LAGARCE Fiche d'identité TITRE: Juste la fin du monde AUTEUR: Jean-Luc Lagarce DATE: 1990 MOUVEMENT LITTERAIRE: aucun mais
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* nonton jan dara 2 the beginning imdb. Explication linéaire Partie 2 scène 3 Juste la Fin du monde de Jean-Luc Lagarce Introduction Dans son mémoire de philosophie, Jean-Luc Lagarce décrit ce qui est pour lui, une dimension importante du rôle du dramaturge Le dramaturge joue les francs-tireurs », refusant d’entrer dans l’institution que les siècles passés ont construite autour du théâtre il est désormais de son devoir de démonter et de démontrer les mécanismes de la supercherie. Jean-Luc Lagarce, Théâtre et pouvoir en occident, 1980-2011. Hé bien, il semblerait que c'est exactement ce qu'il fait dans Juste la fin du Monde il met en scène un héros tragique, Louis, qui représente bien les mécanismes traditionnels à la fois innocent et coupable, écrasé par son destin, il suscite la terreur et la pitié. En cela il ressemble bien à un certain Oedipe, Phèdre ou Iphigénie… Mais dans notre passage, Antoine nous oblige à poser un nouveau regard sur son frère, l'accusant de jouer un rôle. On est alors obligés de se demander et si le personnage tragique n'était qu'un acteur, jouant les Héros pour mieux nous séduire ? Et si quelqu'un osait monter sur scène pour dénoncer la supercherie ? Voilà pourquoi ce passage est le point culminant de la pièce Antoine révèle et dénonce ce que cachent les attitudes et les silences de Louis. La crise familiale le départ de Louis c'est un précédent, comme si la pièce avait déjà été jouée une fois. Les rôles sont bouleversés, ce qui va, non pas détruire le sentiment tragique, mais en quelque sorte, le déplacer… Comment Jean-Luc Lagarce utilise-t-il ce drame familial pour rendre visible les stratagèmes du personnage tragique ? Je vais annoncer les mouvements et citer le texte très clairement au fur et à mesure, pour que vous puissiez bien suivre. Pour retrouver tous mes documents et toutes mes vidéos sur cette œuvre, rendez-vous sur mon site Premier mouvement Des accusations en miroir Ce premier mouvement, on pourrait l'appeler Accusations en miroir » parce que Antoine se donne la difficile tâche de dénoncer ce qu'il appelle les accusations sans mots de Louis. Tu es là devant moi, je savais que tu serais ainsi, à m’accuser sans mot, à te mettre debout devant moi à m’accuser sans mot, Accuser sans mot » on touche à l'oxymore l'association de deux idées incompatibles. Comment peut-on accuser sans mot ? Antoine dit que son frère l'accuse, juste en étant là, avec le verbe d'état. Être coïncide avec une posture, remplace des paroles qui le rendent coupable aux yeux des autres. Ensuite Antoine développe cette même idée avec une périphrase en plusieurs mots te mettre debout devant moi » comme pour mieux transformer le verbe d'état en verbe d'action. En latin, se tenir debout, c'est le verbe stare qui participe justement à l'étymologie du verbe être, et qui donne aussi le mot statue ». Les accusations de Louis, ne passent pas tant par les mots que par les attitudes… Cette accusation d'Antoine nous invite à relire la pièce pour trouver ces moment où en effet Louis réussit à rendre Antoine coupable, sans mots. Dès la première scène de la pièce, par exemple je ne t'en veux pas, mais tu m'as mis mal à l'aise ». C'est bien un reproche, mais il est dissimulé par la première négation, et remplacé par une sensation physique de gêne. Autre exemple, juste avant notre passage LOUIS. — Il n'a pas été brutal, je ne vois pas ce que vous voulez dire. ANTOINE. — Oh, toi, ça va, la Bonté même » ! Bien sûr, Louis fait preuve de fausse naïveté il est trop habile pour ne pas voir ce que les autres veulent dire. Ici, le tour de force vient donc du fait que Louis semble véritablement étonné. Alors, tout l'enjeu va consister à faire tomber son masque d'acteur. Or justement, on trouve bien cette idée que Louis est un acteur, et même surtout, un acteur de tragédie et je te plains, et j’ai de la pitié pour toi, c’est un vieux mot, mais j’ai de la pitié pour toi, et de la peur aussi, et de l’inquiétude, L'allitération le retour de sons consonnes en P est intéressante, parce qu'elle met en valeur trois mots la plainte, la pitié, et la peur. Ils ne sont pas là par hasard, comme le dit Antoine c'est un vieux mot ». On reconnaît les sentiments qu'Aristote attribue à la tragédie la terreur et la pitié. En disant cela, Antoine se compare au spectateur d'une tragédie dont Louis serait le Héros. Mais ce n'est pas si simple, et en accusant l'accusateur, Antoine brouille tous les rôles de la tragédie, écoutez et malgré toute cette colère, j’espère qu’il ne t’arrivera rien de mal, et je me reproche déjà tu n’es pas encore parti Le mal aujourd’hui que je te fais. Pas besoin de didascalie ici Toute cette colère » avec le démonstratif, Antoine nous donne le ton de sa propre réplique, il porte un regard sur lui-même, il n'est pas simplement devenu spectateur, il est resté acteur et donne en plus des indications de mise en scène. Mais ça va encore plus loin, avec la voix pronominale Je me reproche déjà » ici Antoine se met à juger ses propres actes, comme s'il était lui-même prêt à être condamné. On peut penser au personnage d'Agamemnon par exemple qui doit sacrifier sa propre fille Iphigénie. Est-il bourreau, victime, spectateur impuissant de la volonté des Dieux ? Et en effet, plusieurs éléments annoncent la fin prochaine, la mort de Louis tu n'es pas encore parti ». Le verbe partir » résonne comme un euphémisme une tournure atténuée pour parler de la mort. Antoine ne sait pas encore que son frère est malade, et c'est là que se trouve toute l'ironie tragique les personnages évoquent sans le savoir leur destin tragique. À ce moment de la pièce, Antoine est peut-être lui-même un Héros tragique suspendu entre culpabilité et innocence. tu n'es pas encore parti ». c'est surtout une évocation du passé au contraire, Louis est déjà parti, une fois, et déjà Antoine se sent responsable de cela ANTOINE. — Lorsque tu es parti, lorsque tu nous as quittés, lorsque tu nous abandonnas, je ne sais plus quel mot définitif tu nous jetas à la tête, je dus encore être le responsable, être silencieux et admettre la fatalité. Et alors, on voit l'enjeu de cette deuxième fois le mal qu'aujourd'hui je te fais » c'est un mal qui prendra un sens nouveau quand Louis mourra de sa maladie. Ce sont les survivants qui se sentiront coupables. Peut-être pas de sa maladie, mais de n'avoir pas écouté les dernières paroles. C'est l'un des grands mystères de la pièce, auquel Lagarce ne répond pas le choix de Louis de ne rien dire, est-ce finalement pour épargner ou pour accabler les membres de sa familles ? Deuxième mouvement Faire tomber les masques Ce deuxième mouvement, on pourrait l'appeler Faire tomber les masques » parce que Antoine parvient à révéler au spectateur les véritables rôles cachés sous la relation avec son frère. Progressivement, on est amenés à redécouvrir Louis, peut-être, comme un Tartuffe difficile à démasquer. Tu es là, tu m'accables, on ne peut plus dire ça, tu m'accables, tu nous accables, je te vois, j'ai encore plus peur pour toi que lorsque j'étais enfant, D'abord, Antoine met en place tout un théâtre dans le théâtre, avec le déictique tu es là » qui montre du doigt la situation d'énonciation elle même, et le présent d'énonciation je te vois » pour une action qui se déroule au moment où il parle. La mère, Suzanne et Catherine aussi sont là, spectatrices pratiquement, elles pourraient venir s'asseoir parmi nous dans la salle. Et Antoine lui-même va s'inclure parmi les spectateurs, en glissant de la P1 du singulier à la P1 du pluriel, comme si Louis était le seul à être véritablement acteur sur scène, regardé par tous. tu m'accables … tu nous accables ». Dans le même temps, le verbe accuser » est remplacé par accabler » les simples paroles prennent un poids pratiquement physique. On est accablés par un fardeau, métaphoriquement, par la culpabilité. C'est d'ailleurs l'image des Erinyes qui accablent Oreste de leurs tourments... À travers ce glissement de verbes, on retrouve le fameux procédé de l'épanorthose les personnages reformulent leurs propos. On ne peut plus dire ça » l'adverbe de négation plus » révèle bien la gradation Antoine, qui est moins à l'aise avec les mots que son frère, essaye de formuler sa dénonciation le mieux possible. Ce qui interroge aussi dans cette proposition, c'est la présence du pronom indéfini on ne peut plus dire ça ». Qui est ce on » ? Comme si cet accablement rejaillissait sur le public. Est-ce que nous ne sommes pas nous aussi ceux qui survivent ? Face aux silences de Louis, Antoine fait des phrases courtes, avec l'anaphore rhétorique la répétition en tête de vers du pronom Tu … tu … tu ». On entend presque tu nous tue », comme si Antoine accusait son frère d'être meurtrier. Et en effet, cette idée que l'abandon est un meurtre est présente dès le prologue… On la trouve aussi dans la dernière pièce de Lagarce, Le Pays Lointain, où le personnage de Louis est cette fois-ci entouré de personnages du passé, comme par exemple l'ami de Longue date. LONGUE DATE. — Revenir après tant d'années, revenir sur ses propres traces et avoir commis quelques crimes, et pourquoi non ? [...] Crimes ou abandons, [...] ce n'est pas loin d'être la même chose. C'est donc tout le poids du passé qui se cache dans ces quelques mots tu nous accables » et qui ressort soudainement avec le CC de temps lorsque j'étais enfant ». Ainsi, le plus cruel, ce n'est pas tant la mort inéluctable que la répétition d'un schéma passé, qui garde la douleur et la trace des fois précédentes, et qui explique ici le comparatif de supériorité encore plus peur ». Chez Lagarce, l'épanorthose est plus qu'une figure de style, c'est un principe organisateur de l'intrigue. Alors que jusqu'ici il s'adressait à Louis directement, Antoine entre maintenant dans un véritable monologue et je me dis que je ne peux rien reprocher à ma propre existence, qu'elle est paisible et douce et que je suis un mauvais imbécile qui se reproche déjà d'avoir failli se lamenter, alors que toi, silencieux, ô tellement silencieux, bon, plein de bonté, tu attends, replié sur ton infinie douleur intérieure dont je ne saurais pas même imaginer le début du début. Ce n'est pas un hasard si on frôle le lyrisme ici je suis un mauvais imbécile qui se reproche déjà d'avoir failli se lamenter ». Le lyrisme, en littérature, c'est-ce que c'est ? L'expression musicale d'une douleur personnelle. C'est certainement le registre privilégié des Héros tragiques Phèdre, par exemple, accablée par son destin, confie à sa nourrice qu'elle songe au suicide. Or Antoine justement, refuse ce lyrisme je ne peux rien reprocher à ma propre existence ». Cette existence ne sera pas personnifiée… Il se dit Imbécile, c'est à dire, étymologiquement, celui qui n'utilise pas de béquille, et donc d'une certaine manière, celui qui refuse d'utiliser des artifices. Alors que toi » le lien logique d'opposition vient créer une sorte de dyptique où les deux frères sont mis face à face. Louis est justement celui qui utilise tous les artifices du Héros tragique… Même son mutisme a quelque chose de lyrique, avec l'apostrophe Ô tellement silencieux ». Antoine est ensuite de plus en plus ironique en multipliant les hyperboles les figures d'exagération Bon, plein de bonté, tu attends, replié sur ton infinie douleur intérieure ». Cette bonté excessive n'est pas sans rappeler celle de Tartuffe, le faux dévot, personnage d'autant plus inquiétant qu'il n'est pas caricatural comme pouvait l'être Harpagon par exemple. Et pourtant, l'ironie tragique fonctionne toujours à plein régime, parce que, celui qui jouait le personnage tragique, sur le point d'être dénoncé, est frappé par la tragédie... Le Malade imaginaire, qui tirait profit de ses douleurs intérieures, est tombé réellement malade… La tragédie prend le pas sur la comédie… Dans son journal, Jean-Luc Lagarce raconte comment Le Malade Imaginaire lui fit monter les larmes aux yeux Au milieu de la scène entre les deux frères, Béralde et Argan, qui est, je le dis toujours, la scène qui me fit monter la pièce » [...] l'attention était telle qu'à l'instant essentiel que faire quand on est malade… ? — Rien, mon frère. [...] Les larmes me vinrent aux yeux. Quand Antoine dit qu'il ne peut qu' imaginer le début du début » de la douleur intérieure de Louis, il est certainement ironique, avec l'exagération. Mais si on considère que la maladie de Louis est réelle, toute cette ironie tombe à l'eau, et se met au contraire à souligner le tragique de la situation. Troisième mouvement Des reproches prémonitoires Ce troisième mouvement, on pourrait l'appeler des reproches prémonitoires » parce que Antoine semble avoir une véritable prescience de ce qui est sur le point de se passer. La crise familiale a déjà eu lieu dans le passé, et en quelque sorte, elle prépare et aggrave la crise à venir. Je ne suis rien, je n'ai pas le droit, et lorsque tu nous quitteras encore, que tu me laisseras, je serai moins encore, Dans tout ce dernier mouvement, le discours d'Antoine va plus loin qu'il ne l'imagine lui-même, un peu comme la Pythie antique, qui annonce le dénouement des tragédies, mais dont les prophéties prennent un sens différent quand on en connaît la fin... Par exemple, ce verbe quitter » lorsque tu nous quitteras encore » semble prophétique, surtout si on l'entend comme un euphémisme pour désigner la mort. Mais il est tout de suite remplacé par le verbe laisser » pour Antoine, le départ de Louis est volontaire, calqué sur les abandons du passé. La répétition du passé est d'ailleurs mise en scène par la répétition de l'adverbe encore » qui revient trois fois comme un refrain. Ici, deux figures de style se mêlent et s'opposent la prolepse, qui annonce la suite, devient une analepse, un retour dans le passé. Antoine mêle la crise familiale et la crise personnelle, en passant de la P1 du pluriel lorsque tu nous quitteras encore » à la P1 du singulier tu me laisseras ». Cette correction est émouvante, parce qu'elle prouve que la colère d'Antoine provient bien d'un amour qui existait entre les deux frères, malmené par le premier départ de Louis. Encore ici, les deux frères sont diamétralement opposés je ne suis rien, je n'ai pas le droit » sous-entend que Louis au contraire est tout en se donnant le droit de partir, il est devenu paradoxalement le centre de l'attention. Dans ce schéma, on retrouve la parabole du fils prodigue le frère qui est parti sera toujours bien accueilli, malgré les protestations de celui qui est resté. On peut aussi penser au récit biblique de Caïn et Abel, les deux frères devenus ennemis, parce que Dieu aurait refusé le sacrifice de Caïn... Mais dans notre cas de figure, quel est le frère qui a tué l'autre ? Et on doit se poser la question, dans la modernité, n'est-ce pas l'absence même de Dieu qui est coupable ? Et en effet le discours d'Antoine bouleverse tous les rôles Quand tu me laisseras, je serai moins encore » paradoxalement, c'est bien le frère encore présent qui entre dans le néant, dans une pénitence impossible juste là à me reprocher les phrases que j'ai dites, à chercher à les retrouver avec exactitude, moins encore, avec juste le ressentiment, le ressentiment contre moi-même. Le mot juste » laisse penser que peut-être le titre de la pièce s'applique aussi à Antoine. Car pour lui, la tragédie, c'est celle qui va suivre la mort de Louis, celle du ressentiment », de la culpabilité impossible à effacer. Une chose pire que la fin du monde, n'est-ce pas le sort de ceux qui restent après l'apocalypse, dans un monde vide, dans un monde sans dieu ? Alors que dans les pièces de Beckett, des hommes, vagabonds, attendent en vain le retour de Dieu, assimilé à une vulgaire chaussure… Chez Lagarce, les personnages assistent encore une fois au départ du dramaturge lui-même, auteur qui expliquait leur existence... et en l'absence duquel il devient difficile de retrouver avec exactitude le sens des mots appris par cœur. Conclusion Notre passage est le point culminant de la pièce, et il peut être lu à plusieurs niveaux. D'abord, comme un drame familial le conflit entre deux frères, où celui qui est resté dénonce le mal commis par celui qui est parti. Mais on peut le lire aussi comme une entreprise de démystification de la tragédie, et de son éternel retour, d'une représentation à l'autre, d'une pièce à l'autre, d'un Héros tragique à l'autre, mais qui garde jusqu'au bout son pouvoir de fascination sur les spectateurs. Et enfin, on pourrait peut-être y voir la réflexion métaphysique d'un philosophe dramaturge sur les doutes des hommes cherchant, au-delà des ressentiments, une nouvelle morale dans un monde où Dieu est mort, où Dieu peut-être ne cesse de mourir. En guise d'ouverture, on peut certainement reconnaître ici les thématiques de la philosophie de Nietzsche, mais que Lagarce dépasse, parce que chez lui, le dramaturge qui sert de dieu à ce petit monde est lui-même humain, trop humain. [...] Soutenez le site et accédez au contenu complet. ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🔎 Partie 2 scène 3 Explication linéaire au format PDF ⇨ Outil support pour réaliser un commentaire composé. ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde - Partie 2 scène 3 texte ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🃏 Partie 2 scène 3 axes de lecture ⇨ Lagarce, Juste la Fin du Monde 🎧 Partie 2 scène 3 explication linéaire en podcast
Les crises dépassent-elles la parole dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce ? Introduction Le théâtre classique nous avait habitués à des répliques ciselées, des arguments déjà longuement mûris, une pensée qui se conçoit bien et s’énonce clairement, des alexandrins équilibrés… Et voilà qu’on découvre chez Jean-Luc Lagarce des vers libres très longs ou très courts, des personnages qui hésitent, qui se reprennent et se corrigent sans cesse Je suis fasciné par la manière dont, dans la vie, les conversations, les gens — et moi en particulier — essaient de préciser leur pensée à travers mille tâtonnements… Au-delà du raisonnable. Jean-Luc Lagarce, Entretien pour Lucien Attoun, Vivre le théâtre et sa vie », 16 juin 1995. Ces tâtonnements, c’est la fameuse figure de l’épanorthose reformuler pour mieux dire. Mais Lagarce précise bien “au-delà du raisonnable”, comme s’il ne s’agissait pas tant de mieux dire, que d’insister sur une parole insuffisante, des doutes, des silences, qui dépassent la parole elle-même, pour révéler des crises. Dans quelle mesure la parole permet-elle d’exprimer les crises qui hantent cette pièce de Jean-Luc Lagarce ? > Pour vous aider à suivre le raisonnement étape par étape, je vais annoncer mes grandes parties au fur et à mesure… > Et pour retrouver toutes mes vidéos et documents sur cette œuvre, rendez-vous sur mon site www . mediaclasse . fr Première partie Les mots des crises D’abord, les crises passent à travers des mot précis, choisis avec soin. On recherche celui qui sera le mieux adapté à la situation. Quand Antoine reproche à sa femme d’ennuyer son frère en parlant de ses enfants, Louis répond Ce n’est pas méchant, c’est … déplaisant. Partie 1, scène 2, Et en effet, Antoine doit sans cesse se débattre avec les étiquettes et notamment les adjectifs qualificatifs qui lui collent à la peau déplaisant … brutal … désagréable » ANTOINE. — Je ne suis pas un homme brutal, ce n’est pas vrai, c’est vous qui imaginez cela, [...] je ne le suis pas et ne l’ai jamais été. Partie 2, scène 2, C’est d’ailleurs le cas de chaque personnage, qui sont tous bien plus complexes et ambivalents que ne le laissent entendre ces étiquettes. Pour creuser la question, j’analyse chaque personnage, dans une vidéo spéciale, sur mon site. Mais une étiquette plus fatale encore que l’adjectif qualificatif, c’est le nom propre… Comme l’explique Catherine, Louis » c’est avant tout le prénom de votre père ». D’une manière implicite, comme dans une dynastie, les responsabilités du père sont transmises au fils aîné. Le nom propre porte la fatalité du drame familial. Une autre chose qui donne du poids aux paroles la confidence. Quand le mot est adressé en privé, quand il n’est pas laissé, comme le dit Suzanne à tous les regards », il prend naturellement plus d’importance. Chaque membre de la famille aura quelque chose à dire à Louis, seul à seul. SUZANNE. — Nous éprouvons les uns et les autres, ici, tu le sais, [...] une certaine forme d'admiration, c'est le terme exact, une certaine forme d'admiration pour toi. Partie 1, scène 2, Que cache ce mot admiration » ? Est-ce que c’est vraiment le terme exact ? Est-ce que derrière, il n’y a pas le désir de faire la même chose, mais sans oser le faire, une certaine jalousie, une certaine amertume, et donc, une manifestation de la crise familiale ? Les mots de la mère jouent un rôle important dans la crise familiale. D’abord, ce sont les mots du passé le dimanche, on allait se promener » qui ne sont en fait que des reproches. LA MÈRE. — Ils ne voulurent plus venir avec nous, ils allaient chacun de leur côté faire de la bicyclette, chacun pour soi, et nous seulement avec Suzanne, cela ne valait plus la peine. ANTOINE. — C'est notre faute. SUZANNE — Ou la mienne. Partie 1, scène 4, Mais plus souvent encore, les mots de la mère sont associés au futur, un futur prophétique qui prépare les crises, qui les rend pratiquement inévitables LA MÈRE. — Ils veulent te parler, tout ça … ils voudront t’expliquer mais ils t’expliqueront mal … ils seront brutaux. Partie 1, scène 8, Exactement comme la Pythie antique, qui utilise des mots, mais sans réellement se rendre compte de leur réelle portée. Au point que la prophétie amène sa propre réalisation. Et enfin, même lorsque les personnages gardent le silence, c’est pour souligner le poids des mots. Antoine se tait pour donner l’exemple », Suzanne se dit proportionnellement silencieuse » comme pour conjurer le danger des mots. Les mots ont leur importance, mais on le voit déjà, ils ne sont jamais suffisants tout seuls nom propre, étiquette définitoire, confidence, prophétie, invitation au silence… Ils testent sans cesse les limites du langage. Deuxième partie Les crises au-delà des mots Les paroles cachent souvent une attitude, un geste, plus révélateurs que le mot lui-même. Comme si Lagarce confiait les didascalies aux personnages… Suzanne s’étonne quand Louis serre la main de Catherine, Antoine compare sa sœur à un épagneul, etc. Ces gestes qui ont un sens caché, aident à comprendre la première scène de la pièce je vous en propose une explication linéaire en vidéo, sur mon site. Les gestes semblent même jouer un rôle clé dans le destin fatal des personnages. Au moment du départ de Louis, La Mère lui caresse la joue, comme pour confirmer la réalisation de ses prophéties LOUIS. — Elle, elle me caresse une seule fois la joue, doucement, comme pour m'expliquer qu'elle me pardonne je ne sais quels crimes, et ces crimes que je ne me connais pas, je les regrette. Partie 2, scène 1, Quoi qu’il arrive, La Mère pardonne d’avance son fils avec cette expression il a toujours fait ce qu’il avait à faire »… Étrange tournure où le pronom relatif ce que » renvoie automatiquement, en dehors de la chaîne parlée, à n’importe quelle action. Logique tautologique qui se prouve elle-même, où les actes définissent les devoirs à l’avance. De façon plus subtile, le ton de la voix est plus évocateur que les mots eux-mêmes. Par exemple, pendant l’intermède, la dispute entre les deux frères a remis en cause tous les équilibres… pas besoin de savoir exactement son contenu CATHERINE. — Vous vous disputiez, [...] on entendait Antoine s'énerver et c'est maintenant comme si tout le monde était parti et que nous soyons perdus. Intermède, scène 5, Parfois même, il suffit de répéter des mots vides de sens, en changeant légèrement le ton, pour exprimer un désaccord, pour déclencher la crise LOUIS. — Oui, je veux bien, un peu de café, je veux bien. ANTOINE. — Je veux bien, un peu de café, je veux bien. » CATHERINE. — Antoine ! Partie 1, scène 9, C’est même le chant qui permet à Louis de s’avouer une chose grave — sa crainte excessive des liens affectifs LOUIS. — Je me le chantonne pour entendre juste le son de ma voix la pire des choses serait que je sois amoureux. Intermède, Souvent même, pas besoin des mots, il suffit d’entrer dans un rôle. Louis est tour à tour messager, voyageur, héros tragique… Dès que possible, il se donne le beau rôle ANTOINE. — Lorsqu'on était plus jeunes, [...] on se battait toujours et [...] celui-là [...] se laissait battre, perdait en faisant exprès et se donnait le beau rôle. Partie 2, scène 2, La dernière scène de la pièce, qui vient juste après, permet justement à Antoine de mieux dénoncer les supercheries de Louis. Pour aller plus loin, je vous en propose une explication linéaire dans une vidéo spéciale, sur mon site. Louis le dit lui-même c’est en réalité une manière d’accuser son frère sans avoir besoin d’utiliser la parole. LOUIS. — Il semble vouloir me faire déguerpir, c'est l'image qu'il donne, c'est l'idée que j'emporte. Il ne me retient pas, et sans le lui dire, j'ose l'en accuser. Partie 2, scène 1, Ce que fait Louis, c’est qu’il utilise une expression toute faite, qui vient justement jouer sur les limites du mot agréable » . Et Antoine tombe dans le piège LOUIS. — Cela joint l'utile à l'agréable. ANTOINE. — C'est cela, voilà, exactement, comment est-ce qu'on dit ? d'une pierre deux coups ». Partie 2, scène 2, Dans la bouche d’Antoine, cette pierre évoque bien l’arme d’un crime, ce qui déclenche la réaction de Suzanne SUZANNE — Ce que tu peux être désagréable, [...] tu vois comme tu lui parles, tu es désagréable, ce n'est pas imaginable. Partie 2, scène 2, Les paroles renvoient à des expressions toutes faites, ou à d’autres textes, qui déteignent sur les mots eux-mêmes. Louis ne peut pas se dire étranger » sans faire surgir en nous le Héros tragique de Camus, Meursault, condamné à mort pour n’avoir pas pleuré à l’enterrement de sa mère. LOUIS. — Je pense du mal. Je n'aime personne, je ne vous ai jamais aimés, c'était des mensonges, [...] Je décide de tout, la Mort aussi, elle est ma décision Je suis un étranger. Je me protège. Partie 1, scène 10, Ces références à la littérature de l’absurde, à Camus et Beckett, mais aussi à la Bible, à Caïn et Abel, au fils prodigue, tout cet intertexte laisse planer les menaces d’un dieu invisible, silencieux, ou sur le point de mourir. Au-delà des paroles et au-delà des mots, tous les moyens du théâtre sont mis en œuvre, comme si le théâtre lui-même devenait insuffisant pour ces crises, comme s’il était lui-même en crise. Troisième partie La parole théâtrale en crise D’abord, les mots ne cessent de lutter contre eux-mêmes, de se dénoncer eux-mêmes. C’est le cas dans la prétérition par exemple dire une chose en affirmant qu’on ne la dit pas CATHERINE. — Ce n’est pas un reproche, [...] je ne voudrais pas avoir l’air de vous faire un mauvais procès. Partie 1, scène 6, Avec cette prétérition, Catherine tente de désamorcer d’avance l’interprétation qu’on pourrait faire de ses paroles. L’épanorthose représente exactement cette crise de la parole qui se combat elle-même, où chaque mot ajouté tente d’effacer les mots déjà prononcés. On le voit par exemple dans le prologue avec la persistance du verbe annoncer ». LOUIS. — Pour annoncer, dire, seulement dire, ma mort prochaine et irrémédiable, l'annoncer moi-même, en être l'unique messager, Prologue, Ce prologue donne des clés de compréhension de toute la pièce, notamment parce qu’il révèle la dimension symbolique du personnage de Louis. Pour bien en comprendre tous les tenants et aboutissants, je développe cette analyse dans une vidéo d’explication linéaire, spécialement sur le prologue. Et si le théâtre était lui-même un personnage en crise, un personnage sur le point de mourir ? C’est ce que suggère Lagarce lui-même Il s’agit de refuser la convention et de fait, l’utilisation du théâtre comme simple divertissement [...]. Il s’agit [...] que le théâtre aille à sa perte c’est là le seul théâtre possible. Jean-Luc Lagarce, Théâtre et pouvoir en occident, 1980-2011. Alors, Louis pourrait représenter symboliquement ce personnage tragique qui nous inspire aujourd’hui un mélange de fascination et de méfiance. C’est la supercherie qu’Antoine tente de démasquer ANTOINE. — Tu es pris à ce rôle — [...] que tu as toujours eu de tricher, de te protéger et de fuir. [...] C'est ta manière à toi, ton allure, le malheur sur le visage. Partie 2, scène 3, Et voilà pourquoi Antoine et Suzanne se méfient des histoires, de ceux qui énoncent bien le personnage de théâtre, par son pouvoir de séduction, par ce jeu qui dépasse les paroles, est un personnage dangereux. ANTOINE. — Je te vois assez bien, tu vas me raconter des histoires. [...] Tu sais bien faire, c'est une méthode, c'est juste une technique pour noyer et tuer les animaux. Partie 1, scène 11, D’une certaine manière, ce sont des avertissements au spectateur lui-même. Ce qui donne du poids aux paroles, au-delà des mots employés et des gestes, c’est la double énonciation, propre au théâtre chaque réplique est aussi, indirectement, adressée au spectateur. ANTOINE. — J’ai fini, je ne dirai plus rien. Seuls les imbéciles, ou ceux-là, saisis par la peur, auraient pu en rire. Partie 2, scène 3, Dans cet exemple, Antoine semble presque faire un signe à la salle en même temps qu’il répond à Louis. Ironiquement, il nous fait remarquer que nous sommes saisis de terreur et de pitié, nous sommes dupes de l’illusion tragique… À d’autres moments, les personnages eux-mêmes renforcent la présence des spectateurs sur scène. Par exemple, dans la scène finale, la Mère, Suzanne et Catherine, sont présentes mais ne disent rien LA MÈRE. — Nous ne bougeons presque plus, nous sommes toutes les trois, comme absentes, on les regarde, on se tait. Partie 2, scène 3, Et la pièce se termine, non pas vraiment par des paroles, mais par l’évocation d’un cri, qui n’a pas été poussé LOUIS. — Ce que je pense [...] c'est que je devrais pousser un grand et beau cri, [...] que c'est ce bonheur-là que je devrais m'offrir, hurler une bonne fois, mais je ne le fais pas, je ne l'ai pas fait. Épilogue, Cet Épilogue éclaire rétrospectivement la pièce, et nous aide à mieux comprendre le personnage de Louis. Je vous en propose une explication linéaire en vidéo, sur mon site. Ce cri qui n’a pas été poussé, nous laisse penser que les crises n’ont pas été résolues Louis va mourir avec son cri sur le cœur, et les autres membres de la famille vont certainement vivre avec cette culpabilité de n’avoir pas su l’écouter. Mais ce cri qui n’a pas été poussé, a bel et bien été entendu par les spectateurs, ce qui laisse penser que peut-être ces crises, grâce au théâtre, auront peut-être été résolues, en dehors du théâtre, quand ça ? Hé bien en ce moment même, lorsque nous débattons du sens de cette pièce, lorsque nous prenons conscience des cris que nous avons besoin de pousser, nous aussi, pour surmonter nos crises. Conclusion Dans Juste la fin du Monde, la parole est fondatrice, c'est elle qui provoque les crises. Les mots ont leur poids, ils sont choisis avec soin. Ils deviennent des étiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophéties. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. Ils servent d'excuse à des absences, ils sont remplacés par des gestes ou par une simple intonation. Au théâtre, la parole dépend d’un rôle. Et voilà pourquoi les différentes crises que rencontrent les personnages sont peut-être en définitive une manière d'interroger le théâtre lui-même… Et si l'ancien rôle de la tragédie, qui était de commenter et de juger les affaires de la cité, était utilisé aujourd'hui pour juger le théâtre lui-même, sa capacité à apaiser nos propres crises existentielles, individuelles et collectives ? [...] Soutenez le site et accédez au contenu complet. ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🎞️ Les enjeux de la parole diaporama ⇨ Lagarce, Juste la fin du monde 🧠 Dissertation sur les enjeux de la parole ⇨ Lagarce, Juste la fin du Monde 🎧 Les enjeux de la parole dissertation-thématique
Elle qui est plus jeune que ses frères emploie un discours très spontané. mise en scène Bruno Marchand . Juste la fin du monde analyse linéaire épilogue. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. La mère, mère de Louis, Antoine et Suzanne / Chantal Joblon, actrice Petite femme dynamique, c’est ma mère … Il travaille en tant qu’ouvrier dans une usine. - Dramaturge, poète et écrivain universel du 20ème siècle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus joué en France et son œuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. Juste la fin du monde, le prologue, introduction. La … En 1990, il écrit Juste la fin du monde. Résumé-analyse de la pièce. juste la fin du monde analyse views Discover short videos related to juste la fin du monde analyse on TikTok. Analyse linéaire juste la fin du monde partie 1 scène 1. Le théâtre met souvent en scène des conflits d’origine familiale. En 1990, il écrit Juste la fin du monde. Watch popular content from the following creators Mélany mais en mieux se2associationse2association, chlochlo25, Athéna Solathenasol . Analyse linéaire juste la fin du monde partie 1 scène 1. fiche de revision. 11. Accueil; En savoir + Bios; Photos; Dates; Éduc; Partager cette page Facebook; Twitter; Mail Les personnages par Bruno Marchand. Nous allons à travers cette analyse observer en quoi Antoine se manifeste comme le personnage le plus sincère de la pièce. Cet extrait, choisit par François Berreur, met en lumière l'implication du corps de l'acteur qui, même à travers une première approche du texte, est essentielle. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie I, scène 4. 829 Likes, 49 Comments. Il apprend à ses 31 ans qu'il est atteint du sida et qu'il est donc condamné, et rédigera deux ans plus tard en 1990 la pièce de théâtre Juste la fin du monde. => Tjs tentation du soliloque. Juste la fin du monde, c’est une épitaphe. 11. Montre plus. Jean Luc LAGARDE est à la fois un comédien , metteur en scène, directeur de troupe et dramaturge. Dans la troisième scène de la première de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce écrite en 1991, Suzanne se livre à un monologue face à son frère Louis. Louis est là sans l’être. Nous avons vu comment la partie 1 scène 1 de Juste la fin du monde, qui met en scène les retrouvailles entre Louis et sa famille, introduit des personnages aux relations tendues et au langage vide. 11. Introduction Juste la fin du monde est une pièce de théâtre dramatique écrite par Jean-Luc Lagarce, un comédien, metteur en scène et dramaturge contemporain français, à la fin du XXème siècle. Plus proche d'Antoine, elle connaît bien Catherine, elle est même devenue la marraine de leur garçon qui s'appelle Louis. 16 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. ⮚ Sujet de l’œuvre La pièce Juste la fin du monde est écrite par Lagarce à Berlin. Je partage mes fiches pour l'oral du bac de Français Partie 2. ANTOINE. Le pronom "nous" évoque une souffrance commune mais le passage au pronom "je" au vers marque la solitude d'Antoine, qui a porté la responsabilité du départ le verbe "devoir" sous entend qu'il a été accusé par la mère et la premier sens de "responsable" que l'on comprend ici est "coupable" "je dus encore être le responsable" Dans cette phrase, on note … Jean-Luc Lagarce est à la fois comédien, metteur en scène, directeur de troupe et dramaturge. Antoine dit qu'elle veut avoir l'air » et qu'elle ressemble à un Épagneul ». Ils deviennent des étiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophéties. - Dramaturge, poète et écrivain universel du 20ème siècle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus joué en France et son œuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. JUSTE LA FIN DU MONDE DISSERTATION. On devait m’aimer trop puisque on ne t’aimait pas assez. LADN/EAF 21/SEQ. Plus proche d'Antoine, elle connaît bien Catherine, elle est même devenue la marraine de leur garçon qui s'appelle Louis. Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". Par certains aspects, il apparaît comme le miroir de Suzanne. C’est que Lagarce a fait beaucoup de retouches pour parvenir à … => Répartition parole. ANTOINE. et ce ne pouvait être que les autres qui te nuisaient et nous rendaient responsables tous ensemble, moi, eux, et peu à peu, c’était de ma faute, ce ne pouvait être que de ma faute. Voici une lecture linéaire de l’épilogue de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce.. Juste la fin du monde, épilogue, introduction. L’extrait sur lequel nous allons nous pencher est le monologue de la scène 1 de la deuxième partie qui forme comme un diptyque avec le prologue. Voici une lecture linéaire de l’épilogue de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce.. Juste la fin du monde, épilogue, introduction. Nous avons vu comment la partie 1 scène 1 de Juste la fin du monde, qui met en scène les retrouvailles entre Louis et sa famille, introduit des personnages aux relations tendues et au langage vide. Hé bien, il semblerait que c'est exactement ce qu'il fait dans Juste la fin du Monde il met en scène un héros tragique, Louis, qui représente bien les mécanismes traditionnels à la fois innocent et coupable, écrasé par son destin, il suscite la terreur et la pitié. Recherche parmi 272 000+ dissertations. Introduction Juste la fin du monde est une pièce de théâtre dramatique écrite par Jean-Luc Lagarce, un comédien, metteur en scène et dramaturge contemporain français, à la fin du XXème siècle. Juste la fin du monde. ANTOINE. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». Jean-Luc Lagarce est né en 1957 et est décédé en 1995. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamné. C’est le 1er de ses textes à avoir été refusé par tous les comités de lecture et il ne sera jamais joué de son vivant. Juste la fin du monde est une œuvre rédigée par Jean Luc Lagarce en 1990 suite à la prise de conscience de son état de santé. Louis est là sans l’être. Au printemps 1990, il rédige Juste la fin du monde. Jean-Luc Lagarce, Théâtre et pouvoir en occident, 1980-2011. Juste la fin du monde. Er feierte am 19. Après sa mort, la pièce entre au répertoire de la Comédie-Française en 2008. TikTok video from Léandro leandro_schz "Répondre à e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scène 3. Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". Voici une fiche de lecture complète résumé et analyse sur Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au programme du bac de français 2021. L'intrigue tient en peu de lignes Louis décide de retourner voir sa famille qu'il a quittée bien des années plus tôt afin de lui annoncer sa mort prochaine. La pièce de Jean-Luc Lagarce propose des personnages particulièrement intéressants à analyser. Cela peut aussi être l'origine d'un renouveau. c’est comme s’il ne m’était rien arrivé, jamais. Antoine est le fils cadet de la famille et le petit frère de Louis. Nous avons vu comment la partie 1 scène 1 de Juste la fin du monde, qui met en scène les retrouvailles entre Louis et sa famille, introduit des personnages aux relations tendues et au langage vide. Explore d'autres matières. Juste la fin du monde prologue conclusion. Pensez-vous qu’on puisse les réduire au seul cercle de la famille ? Fiche de révision. Analyse du scénario de l'oeuvre- Programme bac de français - Questionnement sur le parcours crise personnelle / crise familiale » Corpus de textes sur Lagarce Juste la fin du monde, épreuve d'EAF-1ère partie, scène 3 commentaire. L’extrait sur lequel nous allons nous pencher est le monologue de la scène 1 de la deuxième partie qui forme comme un diptyque avec le prologue. Analyse du scénario de l'oeuvre- Programme bac de français - Questionnement sur le parcours crise personnelle / crise familiale » Corpus de textes sur Lagarce Juste la fin du monde, épreuve d'EAF-1ère partie, scène 3 commentaire. Ils deviennent des étiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophéties. Dans "Portrait Lagarce" on découvre A. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamné. Juste la fin du monde, partie 1 scène 1, conclusion. Comment cette scène met-elle en élvidence la diffuscelto du retour de Louis dans … Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». Il apprend à ses 31 ans qu'il est atteint du sida et qu'il est donc condamné, et rédigera deux ans plus tard en 1990 la pièce de théâtre Juste la fin du monde. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Juste la fin du monde est une pièce de théâtre qui évoque le retour de Louis dans sa famille pour annoncer sa maladie et Sa mort prochaine mais la communication dans la famille est difficile et le retour de Louis va révéler les souffrances des autres membres de la famille. Juste la fin du monde analyse des personnages. Fiche de lecture Juste la fin du Monde – Acte 1 Scène 11. Et c’est vrai, il ne m’est jamais rien arrivé et je ne peux prétendre. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie II, scène 3. Les mots ont leur poids, ils sont choisis avec soin. c’est comme s’il ne m’était rien arrivé, jamais. Celle de la famille dont on vante les louanges, qui n’arrive pas à ravaler sa rancœur et dépasser ses frustrations. TikTok video from Léandro leandro_schz "Répondre à e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scène 3. Il s'agit d'une pièce de théâtre mettant en scène Louis, un jeune homme de 34 ans allant rendre visite à sa famille qu'il n'avait pas vue depuis longtemps. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Juste la fin du monde, le prologue, introduction. Explique la question de la justice dans la famille. Jean-Luc Lagarce, Théâtre et pouvoir en occident, 1980-2011. C’est une scène qui renverse la situation où l’on attendait Louis, c’est le personnage d’Antoine qui est au centre de l’attention. Voici une fiche de lecture complète résumé et analyse sur Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au programme du bac de français 2021. Voici une lecture linéaire de l’épilogue de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce.. Juste la fin du monde, épilogue, introduction. Ces retrouvailles donnent lieu à des échanges tendus, tour à tour superficiels et intimes, où l’annonce de Louis à sa famille est impossible. Fiche de révision. 829 Likes, 49 Comments. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Marcial Di Fonzo Bo lisant un extrait du texte final de Antoine dans "Juste la fin du monde". Contrairement à Louis qui parle peu mais avec aisance, Antoine est maladroit et parfois même grossier. Montre plus. juste la fin du monde analyse views Discover short videos related to juste la fin du monde analyse on TikTok. ⮚ Sujet de l’œuvre La pièce Juste la fin du monde est écrite par Lagarce à Berlin. Comme le fait remarquer Antoine, il est loin, même quand il est dans le salon. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. La … et ce ne pouvait être que les autres qui te nuisaient et nous rendaient responsables tous ensemble, moi, eux, et peu à peu, c’était de ma faute, ce ne pouvait être que de ma faute. Rien ne te convient ? –Biographie de Jean-Luc Lagarce –Dissertation Juste la fin du monde et la CRISE-Analyse Juste la fin du monde C’est le 1er de ses textes à avoir été refusé par tous les comités de lecture et il ne sera jamais joué de son vivant. Dans la pièce Juste la fin du monde, la crise personnelle traversée par Louis, qui va mourir vers l'âge de 34 ans, déclenche la crise identitaire de sa fratrie chacun se laisse emporter par ses émotions et … Einfach das Ende der Welt Originaltitel Juste la fin du monde ist ein kanadisch-französischer Film von Xavier Dolan, der auf dem gleichnamigen Theaterstück von Jean-Luc Lagarce aus dem Jahr 1990 basiert. Cependant, la raison de sa visite n'est en aucun cas porteuse de bonnes nouvelles. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie I, scène 4. Il est marié à Catherine et père d’un enfant s’appelant Louis. Analyse linéaire juste la fin du monde partie 1 scène 1. fiche de revision. Antoine, qui se taisait jusque-là “pour donner l’exemple”, passe ici de la colère à l’analyse, du plaidoyer au réquisitoire, et se révèle au spectateur. Hé bien, il semblerait que c'est exactement ce qu'il fait dans Juste la fin du Monde il met en scène un héros tragique, Louis, qui représente bien les mécanismes traditionnels à la fois innocent et coupable, écrasé par son destin, il suscite la terreur et la pitié. => Répartition parole. Juste la fin du monde, acte ii scène 31. Au printemps 1990, il rédige Juste la fin du monde. Au cours de la pièce on témoigne d’une crise personnelle et familiale entre, Louis son petit frère Antoine, sa sœur Suzanne et leur mère. Juste la fin du Monde, Jean-Luc Lagarce Deuxième partie, scène 3, tirade d’Antoine De Et lorsque tu es parti, lorsque tu nous as quittés » à le ressentiment contre moi-même » Introduction Au début de la seconde partie, Louis, s’ad essant au … C’est un huis-clos familial qui met en scène cinq personnages d’une même famille. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie II, scène 3. Au bout de 12 … C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Dans la pièce de Jean-Luc Lagarce de 1991, il s’agit dans l’épilogue d’un monologue de Louis. mise en scène Bruno Marchand . MONOLOGUE SUZANNE JUSTE LA FIN DU MONDE. Juste la fin du Monde, Jean-Luc Lagarce Deuxième partie, scène 3, tirade d’Antoine De Et lorsque tu es parti, lorsque tu nous as quittés » à le ressentiment contre moi-même » Introduction Au début de la seconde partie, Louis, s’ad essant au … de Jean-Luc Lagarce. L’épilogue est, dans la tragédie, le retour au calme. La … Le théâtre met souvent en scène des conflits d’origine familiale. Cela peut aussi être l'origine d'un renouveau. Analyse linéaire juste la fin du monde partie 1 scène 1. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». TikTok video from Léandro leandro_schz "Répondre à e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scène 3. On devait m’aimer trop puisque on ne t’aimait pas assez. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. LADN/EAF 21/SEQ. Jean-Luc Lagarce est à la fois comédien, metteur en scène, directeur de troupe et dramaturge. 2 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Celle de la famille dont on vante les louanges, qui n’arrive pas à ravaler sa rancœur et dépasser ses frustrations. Dès lors, dans ce prologue, Louis annonce aux spectateurs/lecteurs sa mort prochaine ainsi que sa volonté de revoir une famille qu’il a quittée il y a plus de 10 ans. Résumé-analyse de la pièceJuste la fin du mondede Jean-Luc Lagarce. … Télécharger l'analyse en PDF. Voir la fiche de lecture de Juste la fin du monde de Lagarce La scène 3 de la partie 2 est importante car elle est la dernière scène avant l’épilogue. Antoine, le frère de Louis, expose dans une longue tirade l’ambivalence de sa relation à Louis, entre le ressentiment et l’amour compassionnel. Voir la fiche de lecture de Juste la fin du monde de Lagarce La scène 3 de la partie 2 est importante car elle est la dernière scène avant l’épilogue. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamné. C’est une scène qui renverse la situation où l’on attendait Louis, c’est le personnage d’Antoine qui est au centre de l’attention. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. - Dramaturge, poète et écrivain universel du 20ème siècle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus joué en France et son œuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. => Tjs tentation du soliloque. Juste la fin du monde analyse linéaire épilogue. L’épilogue est, dans la tragédie, le retour au calme. Dans la pièce de Jean-Luc Lagarce de 1991, il s’agit dans l’épilogue d’un monologue de Louis. Juste la fin du monde est l'une des dernières pièces de théâtre de Jean-Luc Lagarce, ... À la difficulté pour Louis de parler répond le refus d'Antoine d'écouter tu voudras me parler / et il faudra que j'écoute / et je n'ai pas envie d'écouter » partie 1, sc. - Justice = être équitable entre Fils prodigue et ceux qui n'ont pas déserté la maison parabole du nv testament qui traverse littérature occidentale - Auteur fait lui preuve d'équité. Dans la troisième scène de la première de la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce écrite en 1991, Suzanne se livre à un monologue face à son frère Louis. L'intrigue tient en peu de lignes Louis décide de retourner voir sa famille qu'il a quittée bien des années plus tôt afin de lui annoncer sa mort prochaine. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Jean-Luc Lagarce est né en 1957 et est décédé en 1995. L'intrigue tient en peu de lignes Louis décide de retourner voir sa famille qu'il a quittée bien des années plus tôt afin de lui annoncer sa mort prochaine. Juste la fin du monde prologue conclusion. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». La présentation de la pièce Juste la fin du monde et problématisation de son analyse. Louis est là sans l’être. Juste la fin du Monde, Jean-Luc Lagarce Deuxième partie, scène 3, tirade d’Antoine De Et lorsque tu es parti, lorsque tu nous as quittés » à le ressentiment contre moi-même » Introduction Au début de la seconde partie, Louis, s’ad essant au … Il est marié à Catherine et père d’un enfant s’appelant Louis. Accueil; En savoir + Bios; Photos; Dates; Éduc; Partager cette page Facebook; Twitter; Mail Les personnages par Bruno Marchand. Juste la fin du monde; Les personnages Juste la fin du monde + d'infos sur le texte de Jean-Luc Lagarce. Nous faisons le choix d’orienter le sujet de dissertation sur l’oeuvre de Lagarce sur la question posée par le parcours associé à savoir crise individuelle, crise familiale ». de Jean-Luc Lagarce. Le travail de lecture. Louis, le personnage principal de Juste la fin du monde n’est pas Phèdre, ni Oedipe, et pourtant, il joue au Héros tragique. Juste la fin du monde, partie 1 scène 1, conclusion. En résumé, alors que Jean-Luc Lagarce apprend qu’il est atteint du sida en 1988, il se sent inopinément condamné. Celle de la famille dont on vante les louanges, qui n’arrive pas à ravaler sa rancœur et dépasser ses frustrations. Et nous, nous nous sommes fait du mal à notre tour, chacun n’avait rien à se reprocher. Fiche de lecture Juste la fin du Monde – Acte 1 Scène 11. Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. de Jean-Luc Lagarce. Au cours de la pièce on témoigne d’une crise personnelle et familiale entre, Louis son petit frère Antoine, sa sœur Suzanne et leur mère. Einfach das Ende der Welt Originaltitel Juste la fin du monde ist ein kanadisch-französischer Film von Xavier Dolan, der auf dem gleichnamigen Theaterstück von Jean-Luc Lagarce aus dem Jahr 1990 basiert. MONOLOGUE SUZANNE JUSTE LA FIN DU MONDE. 1464 Followers. Chacun ne pense qu’à sa gueule. C’est le 1er de ses textes à avoir été refusé par tous les comités de lecture et il ne sera jamais joué de son vivant. Comment cette scène met-elle en élvidence la diffuscelto du retour de Louis dans … Mai 2016 im Rahmen der Internationalen Filmfestspiele von Cannes Premiere und wurde dort mit dem Großen Preis der Jury ausgezeichnet. Juste la fin du monde est une pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Lagarce en 1990. Le pronom "nous" évoque une souffrance commune mais le passage au pronom "je" au vers marque la solitude d'Antoine, qui a porté la responsabilité du départ le verbe "devoir" sous entend qu'il a été accusé par la mère et la premier sens de "responsable" que l'on comprend ici est "coupable" "je dus encore être le responsable" Dans cette phrase, on note … 3 THEATRE/LAGARCE, JUSTE LA FIN DU MONDE / LECTURE EXTRAITS – MONOLOGUES d’ANTOINE/ p. 1 EAF 2021 – Séquence 3 Théâtre – Jean-Luc Lagarce 1957-1995, Juste la fin du monde 1990, 1999 Thème du parcours Crise personnelle, crise familiale ». Recherche parmi 272 000+ dissertations. Apprendre avec plaisir grâce à nous. La mère, mère de Louis, Antoine et Suzanne / Chantal Joblon, actrice Petite femme dynamique, c’est ma mère … Jean Luc LAGARDE est à la fois un comédien , metteur en scène, directeur de troupe et dramaturge. Duchaste disait La parole fait événement elle détraque les pensées avant de secouer les corps ». Juste la fin du monde met ainsi en scène le retour de Louis auprès de sa famille dans le but d’annoncer sa mort prochaine et irrémédiable. Voir la fiche de lecture pour le bac de Juste la fin du monde de Lagarce En 1990, il écrit Juste la fin du monde. Nous faisons le choix d’orienter le sujet de dissertation sur l’oeuvre de Lagarce sur la question posée par le parcours associé à savoir crise individuelle, crise familiale ». Antoine est le fils cadet de la famille et le petit frère de Louis. c’est comme s’il ne m’était rien arrivé, jamais. TEXTES COMPLEMENTAIRES LECTURE D’EXTRAITS INDISPENSABLES – EXTRAITS les … 2 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Juste la fin du monde est l'une des dernières pièces de théâtre de Jean-Luc Lagarce, ... À la difficulté pour Louis de parler répond le refus d'Antoine d'écouter tu voudras me parler / et il faudra que j'écoute / et je n'ai pas envie d'écouter » partie 1, sc. C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Pensez-vous qu’on puisse les réduire au seul cercle de la famille ? Dès lors, dans ce prologue, Louis annonce aux spectateurs/lecteurs sa mort prochaine ainsi que sa volonté de revoir une famille qu’il a quittée il y a plus de 10 ans. Juste la fin du monde est l'une des dernières pièces de théâtre de Jean-Luc Lagarce, ... À la difficulté pour Louis de parler répond le refus d'Antoine d'écouter tu voudras me parler / et il faudra que j'écoute / et je n'ai pas envie d'écouter » partie 1, sc. LADN/EAF 21/SEQ. Juste la fin du monde, partie 1 scène 1, conclusion. Suzanne, bien sûr, est heureuse de retrouver son frère aîné. Chacun ne pense qu’à sa gueule. Cet extrait, choisit par François Berreur, met en lumière l'implication du corps de l'acteur qui, même à travers une première approche du texte, est essentielle. Chloé Durand . Dans la pièce de Jean-Luc Lagarce de 1991, il s’agit dans l’épilogue d’un monologue de Louis. Dans la pièce Juste la fin du monde, la crise personnelle traversée par Louis, qui va mourir vers l'âge de 34 ans, déclenche la crise identitaire de sa fratrie chacun se laisse emporter par ses émotions et … 829 Likes, 49 Comments. Analyse linéaire partie 1 scène 1, Juste la fin du monde de Lagarce 4 il LLO Partie 1, scème 1 scène 1 12 Intro Présentation Juste la fin du Monde Doing chorale kour les pensya, accueil de Louis par la Gumible direct dans, Praction - sutegurcelles pour presenten person leurs relations as atmosphere. La pièce de Jean-Luc Lagarce propose des personnages particulièrement intéressants à analyser. Nous faisons le choix d’orienter le sujet de dissertation sur l’oeuvre de Lagarce sur la question posée par le parcours associé à savoir crise individuelle, crise familiale ». C’est ce que montre l’œuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiée en 1999. Juste la fin du monde est un récit de vie qui propose de percevoir le monde à travers la conscience inquiète d’un personnage. Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. Hé bien, il semblerait que c'est exactement ce qu'il fait dans Juste la fin du Monde il met en scène un héros tragique, Louis, qui représente bien les mécanismes traditionnels à la fois innocent et coupable, écrasé par son destin, il suscite la terreur et la pitié. Juste la fin du monde est une pièce de théâtre qui évoque le retour de Louis dans sa famille pour annoncer sa maladie et Sa mort prochaine mais la communication dans la famille est difficile et le retour de Louis va révéler les souffrances des autres membres de la famille. Ces retrouvailles donnent lieu à des échanges tendus, tour à tour superficiels et intimes, où l’annonce de Louis à sa famille est impossible. Dans la pièce Juste la fin du monde, la crise personnelle traversée par Louis, qui va mourir vers l'âge de 34 ans, déclenche la crise identitaire de sa fratrie chacun se laisse emporter par ses émotions et … 3 THEATRE/LAGARCE, JUSTE LA FIN DU MONDE / LECTURE EXTRAITS – MONOLOGUES d’ANTOINE/ p. 1 EAF 2021 – Séquence 3 Théâtre – Jean-Luc Lagarce 1957-1995, Juste la fin du monde 1990, 1999 Thème du parcours Crise personnelle, crise familiale ». Dans Juste la fin du Monde, la parole est fondatrice, c'est elle qui provoque les crises. Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". En résumé, alors que Jean-Luc Lagarce apprend qu’il est atteint du sida en 1988, il se sent inopinément condamné. L’EXPLICATION. 15 mai 2021 Commentaire et dissertation Laisser un commentaire. juste la fin du monde analyse views Discover short videos related to juste la fin du monde analyse on TikTok. TEXTES COMPLEMENTAIRES LECTURE D’EXTRAITS INDISPENSABLES – EXTRAITS les … Analyse linéaire juste la fin du monde partie 1 scène 1. JUSTE LA FIN DU MONDE DISSERTATION. Le besoin psychologique constitue une blessure ou un problème profondément et inconsciemment ancré dans un personnage, lui pourrissant la vie. En 1990, il écrit juste la fin du monde. Suzanne, bien sûr, est heureuse de retrouver son frère aîné. Juste la fin du monde est un récit de vie qui propose de percevoir le monde à travers la conscience inquiète d’un personnage. ⮚ Sujet de l’œuvre La pièce Juste la fin du monde est écrite par Lagarce à Berlin. L’épilogue est, dans la tragédie, le retour au calme. 829 Likes, 49 Comments. 2 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Cependant, la raison de sa visite n'est en aucun cas porteuse de bonnes nouvelles. Cela peut aussi être l'origine d'un renouveau. Le travail de lecture. Juste la fin du monde analyse linéaire épilogue. C’est que Lagarce a fait beaucoup de retouches pour parvenir à … Watch popular content from the following creators Mélany mais en mieux se2associationse2association, chlochlo25, Athéna Solathenasol . Big Bag Gravier Leroy Merlin, Mouvement Saccadé Des Membres, Nginx 404 Not Found, Sarah Jeffery Parle Francais, Modifier Fiche De Paie Avec Photoshop, Lettre Au Maire Pour Signaler Un Danger, La Promesse épisode 5 Youtube, juste la fin du monde antoine analyse
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Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Texte 1 Le prologue de Louis Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Texte 2 Les retrouvailles tendues Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Texte 2 Les retrouvailles tendues Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Texte 3 Le métier d’écrivain Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Texte 3 Le métier d’écrivain Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Texte 4 Suzanne et le départ impossible Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Texte 4 Suzanne et le départ impossible Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Texte 5 Les souvenirs de la mère Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Texte 5 Les souvenirs de la mère Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Texte 6 Louis face à la mort Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Texte 6 Louis face à la mort Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Écho 1 Eugène Ionesco, Le roi se meurt 1962 Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Écho 1 Eugène Ionesco, Le roi se meurt 1962 Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Ionesco théâtre théâtre de l'absurde XXe 1re G1re T Texte 7 Intermède Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Texte 7 Intermède Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Texte 8 Le conflit des deux frères Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Texte 8 Le conflit des deux frères Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Texte 9 Dire l’amour Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Texte 9 Dire l’amour Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Texte 10 Antoine, l’homme en colère Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Texte 10 Antoine, l’homme en colère Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G Écho 2 Marguerite Duras, La Musica 1965 Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G Écho 2 Marguerite Duras, La Musica 1965 Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Duras théâtre XXe 1re G Sujet de dissertation guidé Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G Sujet de dissertation guidé Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Explications linéaires guidées Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Explications linéaires guidées Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Lectures cursives guidées Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T 1re G1re T Citations Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Citations Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Carte mentale Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Carte mentale Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Résumé et structure de la pièce Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Résumé et structure de la pièce Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe 1re G1re T Repères de contextualisation Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au... Œuvre Lagarce, Juste la fin du... Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale 1re G1re T Repères de contextualisation Objet d'étude Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle Œuvre Lagarce, Juste la fin du monde Type pédagogique Exploitation de l’œuvre intégrale Lagarce théâtre théâtre contemporain XXe
1Écrite à Berlin dans le cadre d’une bourse d’écriture de la villa Médicis hors les murs, Juste la fin du monde, semble être le fruit d’un travail acharné et difficile, ainsi qu’on peut le lire dans le Journal, par exemple le 26 mai 1990 1 Journal, 1977-1990, tome i, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2007, p. 543. Nous soulignons. J’ai un peu avancé sur Quelques éclaircies que je songe à rebaptiser Juste à la fin du monde. […] Et puis, je bute à nouveau, je pense qu’il y a là quelque chose d’important, tout près que je n’arrive pas à atteindre. C’est la première fois que je prends les choses avec autant de clairvoyance ceci dit. Ce n’est pas bien, je recommence, je recommence. Appliqué. Trop ?1 2 Ces brouillons, conservés à l’imec, numérisés à la mshe Claude Nicolas Ledoux, sont consultables s ... 2De ce travail fait de recommencements, de réécritures, d’essais et d’impasses, on pourrait s’attendre à ce qu’il nous reste de nombreuses traces. Mais, paradoxalement, ces brouillons, ceux en tout cas qui sont parvenus jusqu’à nous, sont assez peu nombreux, ou se révèlent lacunaires2. 3 Dans la section Brouillons et versions du texte » que nous reproduisons ici, on trouve également ... 3Ainsi, sur le site d’archives numériques fanum, on trouve différents brouillons, classés essentiellement selon trois moments d’écriture distincts. Au sein de ceux-ci, on distingue principalement trois tapuscrits paginés – trois versions » – qui sont des ébauches de la pièce dans son ensemble. Ces trois versions sont le plus souvent accompagnées de brouillons de scènes qui appartiennent ou semblent appartenir au même moment d’écriture que la version du texte qu’ils accompagnent. Nous reproduisons ci-dessous l’arborescence visible sur le site3 4 Nous soulignons, en italiques, les trois tapuscrits paginés qui constituent les trois versions d’e ... Brouillons et versions du texte• Première version-Première version• Seconde version-Première version des p. 24 et 25-Première version des p. 30-32-Seconde version des p. 30-32-Plan paginé du prologue, de la première partie et de l’intermède-Version d’ensemble non achevée-Nouvelle esquisse pour la scène 18• Troisième version-Première version de la p. 43-Première version des p. 46-48-Version définitive et complète de l’œuvre4 4La première version du texte, qui compte vingt-trois pages, est inachevée, mais est assez proche de ce que sera la structure finale de la première partie de la pièce publiée. 5La deuxième version comporte 34 pages et est inachevée elle aussi. Elle est accompagnée de brouillons de scènes appartenant à ce deuxième moment d’écriture mais antérieures à la version de 34 pages une première version de la scène onze qui prendra place aux pages 24 et 25 du tapuscrit, et deux versions des pages 30 à 32, concernant les scènes 13 à 15, qui seront modifiées et amplifiées aux pages 30 à 34 dans le tapuscrit pour donner les scènes 13 à 18 de l’intermède. Après ces trois premiers brouillons se trouve un plan paginé du prologue, de la première partie et de l’intermède – la deuxième partie et l’épilogue sont absents de ce plan. Enfin, un dernier brouillon accompagne le tapuscrit de 34 pages il s’agit d’une autre page 34, sur laquelle figure une autre scène 18. Cette page 34 apparaît comme une sorte d’alternative, un autre choix d’écriture possible, sans que nous puissions déterminer lequel à ce moment-là avait la préférence de l’auteur. 6La troisième version, enfin, est achevée et est quasiment identique à la version publiée seule la numérotation des scènes, qui sera modifiée par l’éditeur, et quelques corrections de langue, diffèrent. Cette troisième version est accompagnée par deux brouillons de scènes une page numérotée 43 qui est une esquisse de la future scène 19 de l’intermède et les pages numérotées 46 à 48, qui constituent, elles, un premier état de la scène 23 de la deuxième partie. 7Dans l’ensemble de ces brouillons, l’intermède occupe une place singulière en effet, cinq des brouillons isolés qui accompagnent les trois versions de la pièce concernent cette séquence. Ainsi, les deux versions des pages 30 à 32 sont des brouillons des scènes 13 à 15 de l’intermède ; l’esquisse pour la scène 18 propose une alternative à la scène 18 de l’intermède présente dans la deuxième version ; la page 43, accompagnant la troisième version, présente un brouillon de la scène 19 de l’intermède ; enfin, le plan paginé, accompagnant la deuxième version, mentionne pour la première fois l’intermède. Sur les cinq séquences qui structureront au final Juste la fin du monde, l’intermède est celle dont nous disposons dans les archives du plus grand nombre de versions des scènes qui la composeront. 5 On ne retrouve pas dans les archives, par exemple, un document évoqué par Jean-Pierre Thibaudat à ... 8Il est certain, au vu des incessants recommencements dont Jean-Luc Lagarce parle dans son Journal, qu’un grand nombre de brouillons de la pièce ont été détruits, sans doute par l’auteur lui-même. Il est possible également que des brouillons aient été égarés après la mort de l’auteur5. Néanmoins, quand bien même cette forte présence de brouillons concernant l’intermède ne serait due qu’aux hasards de la transmission, d’autres éléments semblent indiquer que l’intermède a malgré tout occupé une place singulière dans le processus d’écriture de Juste la fin du monde. 9En effet, nous le disions plus haut, les deux premières versions de la pièce sont inachevées mais toutes les deux s’arrêtent au niveau des scènes de l’intermède. En outre, on peut remarquer que, de version à version, l’intermède est la partie qui connait le plus de modifications en termes d’ajout, de suppression ou de déplacement de scènes. Il pourrait donc sembler, à première vue, que les scènes de l’intermède aient pu constituer un moment de blocage, un point nodal en tout cas, dans le processus d’écriture. 10Le présent article s’attachera donc à suivre le fil des différentes versions des scènes de l’intermède, afin de comprendre si la place singulière qu’elles occupent dans les brouillons indique que cette séquence a constitué un moment charnière dans le processus d’écriture de la pièce. Dès lors, le cheminement d’écriture que notre analyse dégagera permettra peut-être de nous éclairer sur le processus global de l’écriture du Juste la fin du monde. Les différents états de l’intermède 11Avant de relever et d’analyser les modifications entre les différentes versions des scènes de l’intermède, nous proposons de distinguer quatre états différents de ces scènes, afin, notamment, de rendre plus lisible la présente étude voir aussi le tableau reproduit p. 50. L’état 1 12Le premier état des scènes de l’intermède correspond aux pages 19 à 23 de la première version du texte. Ces pages comportent quatre scènes, numérotées à la main de 12 à 15. Cette première version ne comporte pas encore de structure en cinq parties et les quatre scènes des pages 19 à 23 n’apparaissent donc pas comme une séquence séparée des scènes qui les précèdent. Notons que cet état 1 est particulièrement dense en termes d’annotations et de corrections manuscrites. L’état 2A 13Nous proposons de réunir sous le nom d’état 2A les deux premières versions des pages 30 à 32. Ces pages présentent deux fois les mêmes scènes et connaissent entre elles peu de variations. Cet état semble constituer un point intermédiaire important entre l’état de l’intermède dans la première version et son état dans la deuxième version. Par rapport à l’état 1, le nombre de scènes a été réduit de quatre à trois, et leur numérotation débute désormais à 13. Le plan paginé du prologue, de la première partie et de l’intermède reproduit cette version de l’intermède et leur pagination. L’état 2B 14L’état 2B correspond aux pages 30 à 34 de la deuxième version de Juste la fin du monde. Il reprend et amplifie l’état 2A, et comporte désormais six scènes, numérotées de 13 à 18, soit le double du nombre de scènes présentes dans l’état 2A. On peut noter la présence de deux pages 34. Sur la première est écrite une scène 18 s’intégrant à la suite des autres scènes de l’intermède, tandis que la seconde présente elle aussi une scène dix-huit, mais précédée de la mention deuxième partie ». La présence de ces deux pages 34 semble indiquer une forme d’indécision, d’hésitation, en tout cas de recherche, sur les dernières scènes de l’intermède et le début de la seconde partie. L’état 3 15Enfin, le quatrième et dernier état de l’intermède se trouve aux pages 39 à 44 de la troisième version de la pièce. Il comporte neuf scènes, donc trois de plus que l’état 2B. Nous choisissons, pour plus de clarté, d’intégrer dans cet état 3 la page isolée numérotée 43, esquisse de la scène 19, et se rattachant à la troisième version quoiqu’antérieure à elle. Cet état 3 est quasiment identique à la version finale. Un changement net d’orientation au cours de l’écriture Des corrections initiales qui visent à créer de la continuité 16L’état 1 de l’intermède présente un premier régime de modifications il s’agit des notes manuscrites qui corrigent, développent, ou suppriment certains passages du tapuscrit. Quatre répliques sont ainsi ajoutées à la main au début de la scène 12 qui ouvre l’état 1 de l’intermède Fig. 1. Extrait de la première version de Juste la fin du monde cote IMEC Voir Fonds Jean-Luc Lagarce/IMEC Louis Les revoilà !Suzanne Nous Suzanne s’est excusé[e].Suzanne Je ne me suis rien excusé[e] du lui qui a reconnu ses torts. Catherine Ils sont Mère Ils sont énervés, mais les autres jours, à l’ordinaire », ils ne sont pas comme ça. 6 Ce que l’on peut en tout cas supposer en suivant les didascalies internes du texte, par exemple ce ... 17L’ajout de ces quatre répliques permet de justifier le retour d’Antoine et de Suzanne parmi le groupe déjà présent sur scène. Ces deux personnages, dans les scènes précédentes, s’étaient énervés et étaient sortis de l’espace de jeu6. Leur retour s’explique ici par une discussion qu’ils semblent avoir eue hors-scène pour se calmer, et la scène 12 s’inscrit donc dans la continuité des scènes précédentes, clarifiant les entrées et sorties des personnages. L’ajout de ces quatre répliques permet aussi de donner la parole à Louis, et donc d’acter la présence de tous les personnages dans cette scène, ce qui sera également le cas dans la scène suivante. Ce premier ajout manuscrit semble donc chercher à réunir à nouveau les personnages dans le même espace de jeu et à clarifier les enchaînements des scènes et les motivations des personnages. 18À l’instar d’autres corrections observables dans la première version, les corrections manuscrites cherchent également à étoffer les dialogues. Notons par exemple l’ajout – et la prévision d’ajout ici signifié par le etc » – des répliques suivantes dans la scène 13 Fig. 2. Extrait de la première version de Juste la fin du monde cote IMEC Voir Fonds Jean-Luc Lagarce/IMEC La Mère Je ne sais pas, il fait comme il l’entend. Louis Je ne resterai pas la nuit, je dois être chez moi demain, en fin de matinée, ce serait bien, et je pensais, j’avais prévu, ce que je crois, j’avais prévu de repartir ce soir. A[ntoine] ! Est-ce que je ne l’avais pas dit ?S[uzanne] Tu n’avais rien dit ? Etc Antoine Je le conduirai à la gare. 19La correction a pour effet, à la lecture, de retarder la proposition d’Antoine de raccompagner son frère à la gare, et donc de rendre l’enchainement des répliques moins abrupt. Ce délai dans la proposition d’Antoine de raccompagner son frère à la gare a pour effet, également, de donner une épaisseur différente au personnage, le rendant moins brutal dans sa prise de parole. L’ajout de ces répliques vient sans doute également rendre plus vraisemblable la décision de Louis de repartir le soir même, en faisant référence à une décision prise à l’avance, qu’il a déjà peut-être énoncée à sa famille, ou à certains d’entre eux, par exemple Suzanne. Les corrections manuscrites présentes sur l’état 1 de l’intermède semblent donc aller dans une direction commune, visant à clarifier les relations entre les personnages, à les rendre aussi, d’un point de vue psychologique, plus vraisemblables, et à inscrire les scènes dans une forme de continuité les unes par rapport aux autres. 20Néanmoins, peu avant la fin du tapuscrit, une note manuscrite, située entre les scènes 14 et 15, montre un moment où l’enchaînement des scènes semble se révéler moins limpide Fig. 3. Extrait de la première version de Juste la fin du monde cote IMEC Voir Fonds Jean-Luc Lagarce/IMEC Louis / Antoine. Buffet de la que fait Le Père. 21Lagarce note, entre l’avant dernière et la dernière scène du tapuscrit, cette série de possibilités, comme des variantes de structure, troublant la continuité des scènes telle qu’elle s’établissait jusque-là. Une réécriture sous forme de rupture 7 Suite à la division de la scène 7 en deux scènes distinctes, 7 et 8, tous les numéros de scène son ... 22L’état 2A comporte trois scènes, numérotées donc 13 à 157, mais seulement deux de ces scènes sont reprises de l’état précédent. 23La scène 13, si elle constitue une réécriture de la scène 12 de l’état 1, en est surtout une complète reconfiguration. Du point de vue des personnages, la Mère, Catherine et Louis disparaissent et il ne reste qu’Antoine et Suzanne. La réécriture semble alors nous faire changer de point de vue et d’espace alors que dans l’état 1 c’était ces deux personnages qui revenaient sur scène, dans l’état 2 c’est comme si c’était notre regard qui allait les découvrir là où ils se sont enfuis. Le sujet de conversation entre eux est toujours la dispute, mais Suzanne évoque d’abord celle qui vient d’éclater entre Louis et Antoine dans la scène précédente, avant que la conversation ne semble plus concerner qu’Antoine et Suzanne, au fil d’un glissement sur l’ambiguïté du renvoi du pronom nous ». 8 Ces voix sont des ajouts de la deuxième version des p. 30 à 32. 24La scène 14 est elle aussi resserrée sur les seuls personnages d’Antoine et Suzanne, au détriment de Louis, qui était présent dans la version précédente. Il est intéressant de noter que le début de la scène adopte dans cette version une écriture plus chorale que dialogique, ce qui a pour effet d’accentuer la proximité entre les deux personnages dans cet état de l’intermède. Les personnages de Catherine et de la Mère n’apparaissent dans cette scène que sous la forme de voix » qui appellent Antoine et Louis8. Elles semblent être situées dans d’autres espaces distants de Suzanne et Antoine. Ces voix introduisent également la notion de perte dans l’espace qui se fait jour avec l’ajout d’une nouvelle scène 15, mettant en jeu les trois autres personnages, et notamment Catherine, qui exprime ce sentiment de perte 9 Premier état de la p. 32. Voir Catherine Où est ce qu’ils sont ? Je n’entend[s] plus Qui ?Catherine Les autres, je n’entends plus personne, vous vous disputiez, je ne me trompe pas, on entendait Antoine s’énerver, c’est maintenant comme s’il n’y avait plus personne et que nous soyons perdus, égarés, je ne sais pas9. 25Deux scènes qui figuraient dans l’état 1 sont donc supprimées, en particulier la précédente scène 15 dans laquelle la Mère racontait les bagarres qui éclataient dans leur jeunesse entre les deux frères, bagarres qui se terminaient par de tendres réconciliations, dans les bras l’un de l’autre, excluant Suzanne de leur relation. La scène était très explicite sur la proximité enfantine des deux frères et la tension érotique qui pouvait exister entre eux, et elle ne semble plus trouver sa place dans cet état 2A qui a recentré l’attention sur la relation entre Antoine et Suzanne, au détriment de Louis. 26Le passage de l’état 1 à l’état 2A marque donc une réorientation nette dans l’écriture des scènes de l’intermède. Alors que les premières corrections effectuées sur le texte tendaient à lui assurer une forme de continuité, à clarifier les enchaînements entre les scènes et les relations entre les personnages, l’état 2A assume au contraire une forme de rupture avec les scènes précédentes, comme si notre point de vue changeait, comme si notre regard se déplaçait, et accompagnait Antoine et Suzanne dans le lieu de leur fuite. Cette rupture se manifeste particulièrement au niveau de l’espace, qui apparaît dans l’état 2A profondément éclaté, divisé entre différents lieux d’où les personnages ne semblent pouvoir ni se voir ni s’entendre. Deuxième rupture, la réécriture approfondit la relation entre Antoine et Suzanne, au détriment de Louis, qui disparaît des scènes où il était précédemment présent. La réécriture rend plus implicite les rapports entre les personnages et, loin de chercher à clarifier les situations, les rend parfois ambiguës, comme au début de la scène 13 où l’on ne peut pas dire tout à fait de qui parlent Antoine et Suzanne, ou par la suppression de la scène 15 de l’état 1, sans doute trop explicite. Amplification de la rupture dans les états suivants 27L’état 2B des scènes de l’intermède confirme et amplifie la réorientation de l’écriture observée dans l’état 2A. L’intermède comporte cette fois six scènes, numérotées 13 à 18. Les scènes 16 et 18, toutes deux nouvelles, continuent d’approfondir la relation entre Suzanne et Antoine, notamment la scène 16 qui, dans son mélange entre tendresse et dureté, fait écho à la scène 15 de l’état 1, tandis que la scène 17, montrant la mère qui retrouve Louis après l’avoir cherché longtemps, creuse cette idée de distance dans l’espace qui a vu le jour dans l’état 2A. Dans les scènes 13 à 15, reprises de l’état précédent, on peut relever une modification importante, qui s’intègre complètement à la réorientation de l’écriture telle que nous venons de l’observer les voix de Catherine et de la Mère, entendues dans la scène 14, correspondent à des paroles prononcées par ces mêmes personnages dans la scène 15. C’est pourquoi, sur le plan paginé, on peut lire cette indication au niveau de l’intermède Sc. 14, p. 31 Suzanne et AntoineVoix de la Mère et de Catherine scène 15 28Si les voix de la Mère et de Catherine, entendues dans la scène 14, sont dites dans la scène 15, c’est donc que les deux scènes, dans deux espaces différents, se passent pourtant en même temps, mais que nous ne les voyons – ou lisons – que l’une après l’autre. À l’éclatement de l’espace qui s’opérait dans l’état 2A s’ajoute donc désormais la dilatation du temps dans cet état 2B. Le travail de réécriture trouble les catégories de la perception et quitte un certain réalisme qui pouvait encore affleurer dans l’état 1. 29Cet état 2B s’achève sur deux scènes 18, l’une appartenant à l’intermède, l’autre constituant la première de la seconde partie de la pièce. Au-delà de l’hésitation structurelle présente ici, on notera que ces deux scènes parlent de manière explicite de la solitude de Louis, solitude qui s’est creusée dans les scènes de l’intermède au fil des réécritures voir fig. 4 et 5. L’état 3 abandonnera cette référence directe à la solitude de Louis, sans doute assez présente dans l’intermède de manière plus implicite. Fig. 4. Extrait de la seconde version de Juste la fin du monde cote IMEC Voir Fonds Jean-Luc Lagarce/IMEC Fig. 5. Correction pour la seconde version de Juste la fin du monde cote IMEC Voir Fonds Jean-Luc Lagarce/IMEC 30Enfin, l’état 3 est le plus proche de la version publiée. Une nouvelle fois, l’intermède se trouve amplifié, puisqu’il comporte dans ce dernier état neuf scènes. Certaines scènes sont déplacées, la précédente scène 18 est supprimée, et quatre scènes sont ajoutées dans cet état. L’une d’elle, la scène 18, est le résultat de la division de la précédente scène 14 en deux scènes. La scène 19 est une scène qui amplifie le motif de la perte dans la maison en montrant la Mère à la recherche de Catherine et de Louis. 31Les deux autres scènes qui sont ajoutées dans cet état se placent au début de l’intermède et peuvent paraître étonnantes du point de vue de l’orientation de l’écriture depuis l’état 2A. Les scènes 13 et 15 donnent en effet la parole principalement à Louis. Mais la scène 13 entre Louis et la Mère confirme, dès le début de l’intermède, le renversement de perspective qui s’opère Louis. C’est comme la nuit en pleine journée, on ne voit rien, j’entends juste les bruits, j’écoute, je suis perdu et je n’entends personne ». L’intermède s’ouvre donc bien sous le signe de la perte, de l’inversion, de la perception troublée. Dans la scène 15, ce dernier évoque un rêve qui ouvre l’espace par une vision labyrinthique et fantastique de la maison, le ramenant à ses peurs d’enfance. L’onirisme qu’introduit cette réplique n’identifie pas, pour autant, l’intermède à un rêve que ferait Louis ce qu’il raconte ne correspond pas à ce qui se passe dans l’intermède. Le rêve de Louis est avant tout solitaire. Dans ces deux scènes, Louis est d’ailleurs caractérisé par sa solitude car, bien que la Mère soit présente, Louis ne l’entend pas, ou n’arrive pas à communiquer avec elle. 32L’état 3 achève donc l’orientation de l’écriture telle que nous l’avons observée au fil des réécritures. L’effort de clarification et de continuité a laissé la place à une écriture en rupture, troublant la perception de l’espace et du temps, quittant un certain réalisme, rendant plus implicite et plus ambigus les rapports entre les personnages, et laissant apparaître la solitude et l’impuissance de Louis. Un geste d’écriture singulier 33Ainsi, au-delà du fait qu’il se constitue en tant que séquence à part entière, l’intermède s’affirme, au fil des versions, comme rupture dans le sens où il permet d’observer un geste d’écriture singulier de Jean Luc Lagarce. 10 Cela correspond à un volontarisme dans l’écriture né notamment après une longue discussion avec Lu ... 34Dans le reste des brouillons consultables, on peut en effet observer que le dramaturge privilégie en général des corrections visant à clarifier les rapports entre les personnages et à développer la cohérence de la situation10. La réécriture des scènes de l’intermède fait apparaître un geste d’écriture différent l’écriture se fait moins explicite, et l’unité et la continuité qui pouvaient apparaître dans le reste de la pièce sont définitivement minées dans l’intermède par l’onirisme, l’éclatement spatial et la dilatation temporelle. 11 Dans son ouvrage Lagarce. Un théâtre entre présence et absence, Classiques Garnier, collection É ... 35Il semble dès lors que l’intermède ouvre une brèche dans la pièce, laissant apparaître un espace intermédiaire », pour reprendre les mots de Lydie Parisse11, espace mental peut-être, qui n’est pas forcément celui d’une maîtrise, mais plutôt, non sans rapport avec l’inconscient, un espace mental où ce que l’on voit est ce qui nous échappe, ou, peut-être, ce qui échappe à Louis. Le réalisme de la pièce se trouble, s’inquiète, s’enfuit un instant dans les habits du rêve, sans pour autant renverser sa signification et n’être plus qu’un rêve. La pièce tente de tenir dans cet entre-deux, équilibre fragile entre une réalité et une ou des subjectivités qui viennent la troubler de leurs fantasmes, dans une forme de suspens qui ne tranche pas sur la signification à lui donner. 36On peut dès lors faire l’hypothèse que quelque chose se joue sans doute dans cet obstacle que constitue l’écriture de l’intermède, quelque chose qui irradie ensuite dans le reste de la pièce. Prenons ici comme seul exemple la modification de la didascalie initiale, qui est de ce point de vue très significatif. On lit dans la première version de la pièce Cela se passe dans la maison de la mère où elle vit avec Suzanne ». La seconde version, après donc le travail de réécriture de l’intermède et la grande réorientation qui en est le résultat, donne Cela se passe dans la maison de la mère et de Suzanne, un dimanche, évidemment, ou bien encore durant près d’une année, aucune idée ». La première didascalie est inquiétée par la seconde, qui ouvre cette indétermination temporelle, cette dilatation possible du temps, qui place la pièce entre la scène réaliste et la scène mentale, et ce changement de perspective global a lieu après la réécriture de l’intermède. 12 Voir l’analyse de Denis Guénoun à propos du Pays Lointain, mais qui peut tout aussi bien s’appliqu ... 37Cette réorientation servira peut-être aussi de déclencheur pour l’écriture de la deuxième partie car ce qui se joue dans ce renversement de perspectives que l’on observe au fil des versions de l’intermède, c’est peut-être avant tout le renversement des positions, l’isolement de Louis, la proximité entre Antoine et Suzanne, qui annonce, permet, libère peut-être, la dernière salve d’écriture où Antoine prendra toute sa dimension12. L’espace et le temps se fragmentent, se dilatent, les relations se distendent, créant paradoxalement un lieu où Louis, l’homme des mots, n’est plus le maitre, lieu plus accueillant alors pour la parole de l’autre, la parole de celui qui ne sait pas parler et se débat dans les catégories de celui qui sait parler et écrire, Antoine. 13 Journal, 1977-1990, tome i, Les Solitaires intempestifs, 2007, p. 216. 38Il s’agit certes ici d’hypothèses. Ce dont on peut être certain, néanmoins, c’est que se fait jour, dans le processus d’écriture de l’intermède tel que nous l’avons suivi, un geste d’écriture singulier chez Lagarce, éloignant Juste la fin du monde du théâtre psychologique » auquel l’auteur rattachait, avec une pointe d’ironie sans doute, Derniers remords avant l’oubli13, l’éloignant aussi, peut-être, de l’horizon d’attente des lecteurs de Théâtre Ouvert, qui l’avaient convaincu d’adopter une écriture visant à rendre clair » et qui se retrouveront devant une écriture qui, si elle n’est pas obscure, refuse de trancher et reste en suspens.
juste la fin du monde antoine analyse